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Kawasaki ZRX 1200 S -
Essai |
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En mai 2003, la Suzuki
GSX 750 Inazuma cède la place à une Kawasaki ZRX 1200 S achetée
à l'occasion des promotions de printemps. Pour remplacer la GSX par une
machine équivalente, mais avec une cylindrée d'au moins 1000 cm3, l'offre constructeur n'est pas particulièrement
riche. On peut citer dans le périmètre du possible, la
Yamaha XJR 1300, la
Suzuki
Bandit GSF 1200 S et la
Honda CB 1300 SF.
A part ces quelques machines, point de salut sans compromis sur le style
de moto.
Si je commence par vous dire que la ZRX 1200 S est la
meilleure machine du monde, vous ne me croirez probablement pas et vous
aurez très certainement tort. Aussi, je vais jouer la carte de la
transparence et je vais commencer par les points qui fâchent, bien qu'ils
ne soient pas particuliers à cette machine.
Tout d'abord, la ZRX est dépourvue de béquille
centrale, mais elle possède une excuse valable par rapport à certaines
autres machines modernes. Que voulez vous, il faut bien loger le magnifique bras oscillant
en aluminium ? Si pour rouler, cette absence n'est pas gênante,
l'entretien de la chaîne de transmission secondaire est particulièrement
pénible à réaliser sans béquille d'atelier.
Toujours dans les aspects pénibles, le réglage des
suspensions. D'un point de vue spécifique à la ZRX, l'accessibilité aux
réglages de précontrainte des ressorts des amortisseurs arrières est
particulièrement mauvaise. Sinon, mais c'est propre à toutes les machines
qui possèdent des suspensions évoluées, la richesse et la complexité des
réglages entre la précontrainte des ressorts, la détente et
l'amortissement rendent le réglage délicat. Si la notice Kawasaki n'est d'aucun secours sur le
sujet, on trouve les informations qui vont bien sur le net (groupe de
discussion ZRX).
Mais après les reproches, passons aux choses sérieuses,
car comme je l'ai dit, cette machine est fabuleuse. Au premier coup
d'oeil, la machine est imposante, 1200 cm3 oblige. A l'arrêt la
machine attire les regards.
D'un point de vue esthétique, cette machine dégage une
personnalité à nul autre pareil. Elle mélange à loisir les références aux
machines des seventies et aux machines les plus modernes. Si certains
diront qu'elle a le cul entre deux chaises, je pense que cela lui donne un
cachet que les autres machines n'ont pas. Par exemple, le bloc compteur
est des plus traditionnels, sans même l'ombre d'un afficheur numérique
(comment peut-on s'en passer ?). Dans le même temps, les carters moteur
ont une couleur magnésium qui fait penser immédiatement aux machines
sportives les plus modernes. Autre exemple, les suspensions à réservoir
nous renvoie vers des critères esthétiques anciens. Dans le même temps, le
bras oscillant en aluminium fait preuve d'une modernité du meilleur ton.
Dernier exemple, la ligne générale de la machine est très classique avec
son 4 en 1 fortement relevé. La forme du haut de carénage est fortement
inspirée des sportives de la marque.
Assis à son bord, la machine confirme l'impression de
sérieux constaté précédemment. La selle est large et confortable, tant
pour le pilote que pour le passager. La position de conduite pour le
pilote est naturelle (je mesure 1,70 m) et les commandes tombent bien sous
la main. Pour le passager, les reposes pieds sont fort relevés, mais la
position n'est pas gênante même sur long parcours (dixit ma passagère). Le
réservoir, bien qu'il ne soit pas évidé au niveaux des genoux comme sur
les machines modernes, ne gêne pas, malgré sa taille respectable (il ne
fait pourtant que 19 litres). Les compteurs, intégrés au haut de carénage,
sont bien dimensionnés et tout à fait lisibles. Après avoir mis le
contact, le moteur émet un bruit sourd et agréable à l'oreille. Il dégage
déjà une impression de puissance rassurante.
Une jolie moto et un bruit d'échappement sympa, c'est bien, mais sur le fond, que vaut
le moteur ? En un mot comme en cent, c'est une merveille. Certains
détracteurs condamnent les moteurs à 4 cylindres pour leur fadeur. Avec
ces 1200 cm3, le moteur de la ZRX allie couple et puissance. Ce moteur
pousse, on peut dire pousse fort, très fort même, et cela quelques soient
le régime et le rapport engagé. Les sensations offertes à la conduite sont
impressionnantes. La moindre sollicitation de la poignée de gaz se traduit
par un bon en avant de la machine. Sur route, ce couple omniprésent permet
de dépasser tout ce qui roule avec une facilité déconcertante sans jouer
avec la boîte de vitesse, même à moins de 3 000 tr/min. Avec ce moteur,
pas besoin d'aller chercher les chevaux à haut régime pour qu'il se passe
quelque chose. Si le coeur vous en dit, c'est également possible. La
cavalerie au dessus de 6 000 tr/min est impressionnante et le moteur se
plait à la dispenser.
Compte tenu de la cylindrée, la machine peut rouler vite,
très largement au dessus des vitesses autorisées par la loi. A ce niveau de
performances, la protection offerte par le haut de carénage devient primordiale
pour la sécurité. Malgré la position assez droite du conducteur (grand guidon
oblige) et la taille raisonnable du pare-brise (on est pas sur une routière), le
flux d'air est dévié non seulement au dessus de la tête du pilote, mais les bras
et les épaules profitent largement de la protection. Sur autoroute, les cadences
prohibées (et même les légales) peuvent être soutenues sans fatigue.
Du point de vue de la tenue de route, il faut tout
d'abord effectuer un réglage correct des suspensions, ce qui ne représente
pas une chose forcement simple, compte tenu des possibilités de réglages
(pré contrainte, amortissement et détente, tant sur la fourche que sur les
amortisseurs) et le tout en cohérence entre l'avant et l'arrière. Sans
cette mise au point, la machine se dandine à haute vitesse, mais sans devenir
dangereuse. Une fois le bon compromis trouvé, c'est un rail. Malgré cette
stabilité à haute vitesse et le poids conséquent (on dépasse les 250 kg
avec les pleins), la machine est maniable et se conduit facilement en
ville et sur les petites routes, même si son domaine de prédilection reste
les grandes routes.
Au regard des éléments de sécurité, là encore, rien à
redire. Le frein arrière est un bon ralentisseur et permet de garder la
moto en ligne quelque soit l'intensité du freinage à avant. L'avant est de
ce point de vue bien servi et excusé du peu : un double disque de 310 mm
avec des étriers 6 pistons. Le frein avant est aussi efficace que la
machine pousse fort, c'est donc dire. Autre élément de sécurité à toute
épreuve : l'éclairage. Souvent, c'est le parent pauvre de la machine. Sur
la ZRX, encore une fois, pas de compromis. La machine est équipée d'un
double optique à l'avant. Durant les parcours de nuit, les 2 fois 55 watts
nettoient la route des zones d'ombre et mettent à égalité avec les
voitures.
Au niveau des plus offerts par la machine, il faut
signaler le système de réglage de tension de chaîne par excentrique. Le
système est certainement plus coûteux à fabriquer, mais à l'utilisation
plus simple et plus fiable que les systèmes à roue tirée ou poussée. De
même, la machine offre deux espaces de rangement sous la selle, dont un
particulièrement conséquent.
En terme de consommation, le moteur se montre
raisonnable, compte tenu de sa cylindrée. Aux allures routières(environ
110 km/h), à 2 et la machine chargée, il faut compter entre 5 et
5,5 litres / cent. En regard de la contenance du réservoir, les 300
kilomètres peuvent être parcourus sans difficultés. Sur autoroute, en
croisant aux alentours de 150 km/h, il faut tabler sur 6 à 6.5 litres /
cent.
En conclusion, la ZRX 1200 S est une machine agréable à
conduire en toute circonstance, tant en ville que sur route ou autoroute.
Le niveau de protection offert par le haut de carénage est excellent.
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